Barrage de Grangent: Vidange partielle prévue en 2012


Rencontre avec un acteur de la vie locale:  Raymond Autin

Nous avons rencontré Raymond Autin: en tant que président de l’AIE (Association Information Écologie), il est un bon connaisseur des questions touchant le barrage de Grangent.

Chambl’Envi: il faut d’abord préciser ce qu’est le barrage hydroélectrique de Grangent…

Raymond Autin:
C’est un barrage «voûte», dont  la  longueur de couronnement est de 202m ( là où nous passons par la route).

Sa mise en eau s’est faite en 1957 / 1958, sur une longueur de 20 km, sa plus grande largeur étant de 400m, et sa contenance de 57 000 000 m3, sur une surface de 357 ha. L’altitude de la crête (niveau d’eau le plus haut ) est de 422m.

Sa capacité maximum d’évacuation atteint 5000 m3/seconde, mais il n’est pas un écrêteur de crue: lors de celle de 1998, par exemple, en imaginant qu’on ait pu le vider, il se serait rempli à nouveau en 5h, même les vannes ouvertes…

Chambl’Envi: Le barrage va être vidangé à partir de janvier 2012: comment cela va-t-il se passer?

Raymond Autin:
L’abaissement    sera progressif, de la côte (approximativement l’altitude) 420 à la côte 405, soit un abaissement de 15m; il sera intégralement fait par turbinage: les vannes de fond ne seront pas ouvertes.

On peut schématiser cela:

 

Chambl’Envi: Pourquoi vidanger?

Raymond Autin:
Pour l’entretien des vannes d’évacuation. Elles sont au nombre de quatre et doivent pouvoir contenir la pression de l’eau, et aussi être manipulées. En 1996, ce sont les «tirants» (ancrages dans le mur) qui ont dû être changés. Actuellement, c’est la «semelle» (le bas des vannes) qui doit l’être. Il y a aussi tout l’entretien habituel, revêtements, peintures…

Chambl’Envi: Pourquoi pas une vidange intégrale?

Raymond Autin:
L’abaissement prévu début 2012 répond à une mesure administrative, qui impose une vidange décénale. La vidange totale de 1967 a laissé de très mauvais souvenirs: le 11 juin, une quantité de 78g/litre de MES (matières sèches en suspension) est relevée à St-Just… On parlait alors de boues pouvant aller jusqu’à Blois! cette pollution a été effective jusqu’à la confluence de l’Allier, avec toutes ses conséquences sur la vie aquatique (il a fallu 10 ans pour qu’elle se reconstitue), et ensuite sur l’agriculture, le bétail, et l’alimentation humaine…

On a alors décompté 3 500 000 m3 de sédiments, dont 800 000 m3 de sédiments mobilisables: ces sédiments sont des boues composées de grains de moins d’un micron de diamètre. Ils sont en quasi suspension dans l’eau et pourraient facilement être aspirés lors d’une vidange totale. Cette masse s’est déjà déplacée, du Pertuiset vers Saint-Victor… De plus, à loccasion d’une vidange, il y a des risques d’effondrement des talus de boue formés le long des berges qui rejoindraient la masse aspirée.

Nous sommes favorables à ce  que l’on puisse, lors d’une vidange partielle, évacuer les boues sédimentées au bec de l’Ondaine qui sont fortement polluées par les métaux lourds. EDF,  à ce jour, n’est pas d’accord car on n’a pas de solution satisfaisante pour le traitement de quelque 300.000 m3 de sédiments accumulés.

Propos recueillis par Ch. F.et M.A.

A suivre dans Chambl’envi de janvier:
quelles sont les pollutions que peut entraîner la vidange?
quelles seraient les solutions pour nettoyer le barrage?

 

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